Rachel Adenis (1898–2000)
Rachel Marcelle Pasquiet, dite Rachel Adenis, naît le 16 septembre 1898 à Orléans, dans le Loiret.
Sa mère, Juliette Alexandrine Pasquiet est couturière et n’a que 15 ans lorsqu’elle met au monde sa fille. Cette dernière est reconnue quelques jours après. Dans l’acte, le père n’est pas mentionné.
En 1922, le 20 juillet, à Paris 18e, elle se marie avec Louis Edmond Marcel Adenis. Cet homme de 12 ans son aîné est antiquaire. Il est installé à Montmartre. Il est originaire de Grand-Bourg dans la Creuse où son père, Pierre Adenis, est notaire. Il fait découvrir les paysages de la Creuse à Rachel. Louis Edmond décède le 19 août 1950 à Grand-Bourg.
En 2000, le 5 février, elle décède à l’âge de 101 ans à Bénévent l’Abbaye, à son domicile.
Formation
Elle est élève de Charles Kvapi, né le 19 novembre 1884 à Warnsdorf en Tchécoslovaquie. Il se forme à l’académie royale des beaux-arts d’Anvers. Il prend la nationalité belge. Il vient s’installer à Montmartre. C’est un peintre d’influence mélangée de fauvisme et de cubisme.
Elle est également élève d’André Lhote, né à Bordeaux le 5 juillet 1885 et mort à Paris le 24 janvier 1962. C’est un sculpteur, peintre, graveur, illustrateur, théoricien de l'art et enseignant français. Il suit les cours de l'École des Beaux-Arts de Bordeaux, pratique d'abord la sculpture, puis la peinture. Il se rattache au mouvement cubiste en 1912. Il crée sa propre école en 1921 et enseigne la peinture.
Rachel Adenis prend des cours avec André Derain, ce qui lui assure une bonne formation.
Carrière
Elle a commencé sa carrière d’artiste à Montmartre. Ces tableaux ne sont pas que des natures mortes.
Elle s’installe au château de Grand-Bourg.
Entre 1941 et 1944, son mari est le maire du village.
Elle pose son chevalet en Creuse.
Elle est à l’initiative de « l’Association des Peintres Marchois ». Elle en est la présidente.
Peintre - Paris - Grand-Bourg
Autre source d'information
Rachel Adenis avait huit ans de plus que Mag-Bert et elle fut un temps Présidente d'une association des Peintres de la Creuse alors que Mag-Bert pouvait compter la Reine Mère d'Angleterre parmi les acquéreurs de ses toiles.
« Sait-on que Rachel Adenis a exposé à cette époque en Creuse, à Saint-Vaury, en compagnie de Picasso et de Paul Klee ? », interroge Marie-Christine Delabaere-Savy qui, dans une critique d'art, note l'influence de ce dernier « visible dans les 'uvres ultimes de Rachel où les taches colorées des villages creusois évoquent les extraordinaires vues d'Alger du grand maître suisse ».
https://coureur2.blogspot.com/2012/11/limpressionnisme-inedit-par-les.html
Les peintres pleinairistes de la vallée de la Creuse nous permettent également un autre regard sur la formation culturelle de nos outils de pensée : c'est ce que je me risque à introduire ici avec ce regard romantique sur la démolition de l'Hôpital de Cannes et sa reconstruction sur le site, le regard porté sur les choses contemporaines, en ruine ou on ne sait pas, mais propices à la construction intellectuelle.
Totalement contemporain de Jo Teillet, Rachel Adenis, née Rachel Pasquier à Orléans vers 1900, arrive théoriquement en Creuse par son Mariage avec Gabriel Adenis en 1947. M Adenis deviendra maire du village du Grand-Bourg où le couple s'est installé dans un château, ancienne gendarmerie du Grand-Bourg, qu'ils ont rénovée et remplie de collections assez remarquables et abondantes, car, outre le fait que Gabriel Adenis est à cette époque un des grands antiquaires de Paris, Rachel est un fourreur de luxe parisien qui a une importante affaire à Montmartre en face du magasin de son mari et au-dessous du bateau-Lavoir où elle rencontre tous les grands artistes de son temps dont elle est tour à tour élève, amie et cliente. Derain était un des peintres dont elle me parla comme un de ses tout premiers "professeurs". Elle fut ensuite amie et élève de l'académicien André Plançon, puis élève d'André Lothe et de Charles Kvapil qui était un peintre très à la mode dans la période de l'entre-deux guerre. Voilà en somme la formation qui fut celle de Rachel Adenis, qui fréquenta toute la grande société parisienne du temps et amie de Katia Granoff et de Mme Maïssi, qui fonda en 1956 l'Association des Peintres Marchois, la Marche, qui est une province de l'ancien diocèse de Limoges (Limousin), est à peu de chose près l'actuel département de la Creuse. Rachel en Creuse rencontre Aubusson, Lurçat, Grommaire, et la peinture en plein air sans nécessairement peindre les vallées creusoises mais surtout les villages qu'elle aimait passionnément.
Les vallées de la Creuse c'est effectivement aussi Aubusson/Felletin qui sont des centres artistiques de la tapisserie très importants. Pour faire des tapisseries il faut des peintres cartonniers et l'appel à Aubusson de ChevreuIl, Grommaire et Lurcat pour relancer et moderniser l'activité de la tapisserie dans les années 1930 sera des plus importants. Les peintres de la Creuse se trouvent à partir de l'entre-deux guerres, et surtout après 1945, époque où théoriquement R.Adenis commence à peindre en Creuse, sollicités par deux foyers culturels et artistiques très puissants : au nord-est la tradition pleinairiste des vallées des deux Creuse et au sud, toujours dans la vallée de la Grande Creuse, les centres d'Aubusson et de Felletin.
L'évolution historique de ces périodes donnera des situations particulières de peintres installés dans les vallées nord de la Creuse travaillant pour Aubusson et Felletin au sud comme Georges Chazaud et Gaston Thierry à Fresselines. Et, des peintres qui naviguent un peu dans tout ça comme Rachel Adenis, qui fait toutefois tisser à Aubusson par la même lissière que Lurçat, Gilbert Personne qui est né à Ussel en Corrèze et qui s'installera à La Souterraine au nord du département de la Creuse et qui restera un pleinairiste à part entière jusqu'à son décès dans les années 1990 (à peu près), et Mag Bert, née à Saint-Vaury en 1908, qui ouvrira une nouvelle voie à partir d'une activité de Première Décoratrice sur céramique dans une importante manufacture en Suisse pendant la guerre de 1939-45 et qui reviendra développer son art de la gestualité figurative à Guéret après un détour par la Corrèze.
Voici, ci-dessous une œuvre de plein air de Rachel Adenis, un paysage cubiste qui n 'est pas du tout de la veine des paysages cubistes de Francis Picabia dans les vallées des deux Creuses dans les Alors, effectivement comment construire un outil intellectuel et culturel avec ces matériaux d'art, qui, s'ils ont déjà été bien inventoriés, au moins par les noms et par des éléments éparses de bibliographie, par le très bel ouvrage de Christophe Rameix L'Ecole de Crozant - Les peintres de la Creuse et de Gargilesse 1850-1950. 1991, 2002 ne le sont pas encore en analyses critiques et historiques, et je ne prétends pas du tout ni épuiser le sujet ni même le "traiter" mais bien plus modestement l'introduire et le situer dans la production de l'art contemporain du XX° siècle dont il est exclu et je le crois de façon tout à fait à la fois abusive et injuste au profit de productions dont la suprématie ne se justifie pas, à mon sens, ni en qualité ni en démarche intellectuelle ou théorique de construction de l'histoire de l'art. On ne peut pas construire une histoire de l'art du XX° siècle en faisant l'impasse sur une production aussi importante et riche.
L'aborder par les tableaux est un travail d’inventaire qui nécessite la participation généreuse de collectionneurs et d'héritiers comme celle de Pierre et Karine Teillet, et qui n'est peut-être encore qu'embryonnaire et parfois, autant qu'il m'en souvienne, handicapé par des pudeurs intellectuels de professionnels que je laisserai maintenant à ce qu'elles sont. Espérons que cet article participera à remettre, si besoin en était, ces peintres en lumière et à en relancer l'étude, voire une muséographie spécialisée qu’il serait si important de commencer à construire véritablement, tant que les éléments d'histoire sont encore palpables et que les sensibilités des homme n'en sont pas encore trop éloignées, trop étrangères.
Peintre - Paris - Grand Bourg
