Jules Dupré (1811-1889)
« Le ciel est le fond, c'est l'âme du paysage. »
Photographie F. Mulnier - Gallica/BNF
Louis Jules Dupré, dit Jules Dupré, naît le 5 avril 1811 dans sa famille maternelle, dans le cinquième canton de Nantes (Loire-Atlantique).
Son père, François Dupré, est artiste sur porcelaine et sa mère se nomme Élisabeth Françoise Gilet.
En 1816, le 18 juin naît son frère, Léon Victor Dupré.
François Dupré, son père, est appelé pour diriger la manufacture de porcelaine de Coussac, à Limoges, et son épouse le suit.
Jules, son fils, profite de cette occasion pour dessiner et peindre des paysages de la région.
En 1859, le 24 avril naît la fille de Jules Dupré, Juliette Ernestine.
En 1860, le 20 avril naît son fils, Jules Dupré.
En 1860, le 10 septembre, Jules Dupré épouse Stéphanie Augustine Moreau à Champagne-sur-Oise, dans le Val-d’Oise. C’est la mère de ses deux enfants et la fille de Alexandre Auguste Moreau, architecte.
Jules Dupré décède à l'âge de 78 ans, le 19 octobre 1889, dans sa maison de L'Isle-Adam. Il est inhumé au cimetière de cette ville. Un monument à sa mémoire est érigé : la chapelle funéraire du peintre Jules Dupré, dans le style Renaissance italien. Son frère, Victor Dupré, y est également inhumé.
Formation
En 1822, à 11 ans, il quitte l’école pour faire son apprentissage chez son père. Jules apprend à son contact toutes les techniques de fabrication de la porcelaine et le décor des assiettes.
Il fréquente ensuite plusieurs ateliers où il rencontre d’autres apprentis de son âge, comme Camille Flers (1802-1868), Paul Huet (1803-1869), Denis Auguste Marie Narcisse Virgilio Diaz (1807-1876), Constant Troyon (1810-1865), Raffet (1804-1860), Louis-Nicolas Cabat (1812-1893), et Théodore Rousseau (1812-1867).
Carrière
Dès l'âge de 15 ans, Jules décore des assiettes en s'inspirant de la flore de la région.
En 1829, il a 18 ans, il quitte sa famille qu’il avait suivie en province pour vivre à Paris. Il décide de devenir peintre de paysage et de travailler d’après nature.
Louis Cabat raconte son ami :
« Vers la fin de 1829, Dupré quittait le Limousin pour retourner à Paris ; il n’avait pas 19 ans. Sans guide, incertain de son avenir, l’art tourmentait sa pensée, un vague désir de renommée l’agitait. Du haut de l’impériale de la diligence qui l’emportait au grand galop des chevaux, les campagnes se déroulaient à ses yeux comme un beau songe et, quand il pénétra dans le département de l’Indre, à la vue des grands horizons, des vastes pâturages couverts de troupeaux, des chênes et des saules qui ombragent les bords de la Bouzanne, son enthousiasme fut à son comble. Il garda du Berry un souvenir qui ne s’effacera jamais ; même après son voyage en Angleterre, il ne put oublier les émotions d’un voyageur dont il parlait toujours avec passion. En 1832, le 26 mars, le choléra fait ses premières victimes à Paris et, en avril, il est à son paroxysme, entraînant de l’insécurité, une réorganisation de l’évacuation des déchets. Le bruit court dans Paris et aussi en province que des empoisonnements sont volontairement commis et que le simple fait d’avoir une fiole sur soi rend suspect et peut aller jusqu’à l’arrêt de mort. Des personnes sont massacrées sur des dires, des soupçons… »
En 1832, le 5 et 6 juin, Victor Hugo immortalise dans Les Misérables l’épisode suivant :
« Journées des 5 et 6 juin 1832. Première insurrection républicaine sous la monarchie de Juillet. Elle débuta à l'occasion des obsèques du général Lamarque, député de l'opposition, et s'acheva par une violente répression ; les insurgés qui s'étaient retranchés rue du cloître Saint-Merri (ou Merry) furent en grande partie massacrés par la garde nationale. »
Ce sont ces événements tragiques qui incitent Jules Dupré et Louis Cabat à quitter la capitale pour aller peindre, au calme, dans le village de Tendu, dans l’Indre. Après un voyage de 40 heures en diligence des Messageries Générales Laffitte et Caillard, Jules Dupré, 21 ans, et Louis Cabat, 22 ans, s’installent à l’auberge du Petit Saint-Jean-Baptiste. Nos jeunes peintres ne sont que des ouvriers tout juste sortis très certainement de la manufacture de Sèvres, sans formation réelle. Ils partent en pionniers pour inventer la peinture en plein air, sur le motif. Ils n’emportent qu’une toile, quelques pigments et des fusains pour dessiner sur le papier.
Le tube de peinture n’a pas été encore inventé !
En 1833, Jules Dupré revient dans l’Indre en compagnie de son frère Léon Victor, de Constant Troyon et de Jules André. Cette fois-ci, ils ne vont pas à Tendu, mais 25 km plus bas. Le Fay est un hameau à la limite du Berry et du Limousin, c’est un relais de poste, une vaste demeure de construction récente, qui fournit le repos des chevaux et des hommes. Le relais de poste du Fay se situe sur la route royale reliant Paris à Limoges.
En 1833, Jules Dupré se lie à l'école de Barbizon, il effectue de nombreux voyages, retrouvant ses amis, Louis Cabat, Paul Huet, Constant Troyon, Camille Flers et Théodore Rousseau.
L’école de 1830 est née au Fay. On la doit à Jules Dupré, cet homme de 1,70 m aux yeux gris-bleu et au groupe de jeunes gens complices, innovateurs, au travail collectif. Ils réussissent à s’imposer dans les salons. Ils s’approprient le paysage, l’horizon, les scènes de la vie campagnarde, le travail de la terre, les troupeaux, l’architecture… Ce sont les premiers reporters de leur temps. C’est la nouveauté ! Cette colonie de peintres du Fay ne se sert plus de décor pour peindre une composition dans un atelier. Ils dessinent et peignent, à la lumière naturelle, ce que le divin offre. Désormais, chaque année, de nombreux peintres découvrent le paysage en explorant les alentours.
En 1835, Jules Dupré est au Salon qui consacre son œuvre.
En 1872, il achète à L’Isle-Adam, à proximité de la place du Pâtis, une maison assez grande pour recevoir ses amis : Corot, Daubigny, Rousseau, Boulard, Geoffroy-Dechaume, Daumier. De son grand atelier dans les combles, il peut peindre la vue imprenable sur l’Oise.
L’exposition universelle de 1889 consacre l’œuvre de Jules Dupré.
Jules Dupré souffre de la maladie de la "pierre" (calculs rénaux), ce qui entraîne un état de grande fatigue et une dégradation générale de sa santé. Il est opéré, mais il ne se remet pas de cette intervention.
Le 30 juin 1890, son atelier est vendu. Cela consiste à vendre toutes ses œuvres.
Décorations
En 1849, le 12 octobre, il est fait chevalier de la Légion d’honneur, en tant qu’artiste peintre.
En 1870, le 9 août, il est fait officier de la Légion d’honneur.

Peintre - Paris - Barbizon - Tendu - Le Fay - L'Isle Adam
