George Sand (1804-1876)
Photographie par l'atelier Nadar en 1866 - BNF Gallica
Sand (1804–1876) George Sand Amantine Aurore Lucile Dupin, dite George Sand, naît le 1er juillet 1804, au 15, rue Meslay à Paris.
Par son père, Maurice François Élisabeth Dupin, elle est d’une lointaine descendance du maréchal de Saxe. Il était officier dans l’armée impériale et avait 27 ans. Sa mère, Antoinette Sophie Victorine Delaborde, avait 31 ans et était la fille d’un oiseleur des quais de Paris.
Aurore Dupin se marie, le 17 septembre 1822, à Paris, avec le baron François Casimir Dudevant, licencié en droit, sous-lieutenant d’infanterie. Il naît le 6 juillet 1795, à Pompiey, dans le Lot-et-Garonne. Elle vit les premiers temps au château de Guillery, elle racontera plus tard ses impressions sur Pompiey :
« Un désert affreux, une lande désolée couverte d’arbres-liège, l’arbre le plus triste et le plus sombre… »
La naissance de son fils, Jean-François Maurice Arnauld Dudevant, le 30 juin 1823 à Paris, la comble.
En 1825, durant son mariage, Aurore entre dans une période de souffrance. Elle est prisonnière d’une union à la fois difficile, brutale et douloureuse. Ce cruel désenchantement s’enracine dans une crise sentimentale, intellectuelle et morale où les arts n’ont pas leur place.
George Sand meurt le 8 juin 1876, à l’âge de 71 ans, dans sa maison de Nohant. Elle est enterrée dans le cimetière de Nohant, près de sa demeure.
Formation
Elle passe son enfance avec sa grand-mère paternelle, Marie-Aurore de Saxe, au domaine de Nohant, dans l’Indre. Cette dernière se charge de son éducation afin de lui prodiguer les convenances dues à son rang.
À la suite d’une chute de cheval mortelle dont son père est victime, sa mère est très vite écartée.
La jeune Aurore s’épanouit à travers l’apprentissage des langues et des mathématiques, de la découverte des sciences, accompagnée des arts, du dessin, du piano, de la danse, le tout nourri par un environnement d’une grande beauté.
Entre 1818 et 1820, elle est confiée au couvent des Augustines anglaises, à Paris, pour parfaire son éducation.
Elle revient à Nohant afin de veiller sur sa grand-mère souffrante, qui s’éteindra en décembre 1821.
Durant son enfance à Nohant, Aurore Dupin fait la connaissance de Stéphane Ajasson de Grandsagne par l’intermédiaire de Jean-Louis François Deschartres, ami de la famille, régisseur du domaine et également son précepteur. Le père de Stéphane est le comte de Grandsagne, officier au régiment d’Enghien et maire de La Châtre. Ajasson de Grandsagne (Jean-Baptiste-François-Étienne Ajasson de Grandsagne), né le 20 juillet 1802 à La Châtre, dans l’Indre, réside à quelques kilomètres de la propriété de Nohant. Cette proximité permet aux deux enfants de partager la même éducation et les mêmes jeux?: ils courent dans la campagne et font des promenades à poney. Un lien profond uni Aurore Dupin et Stéphane Ajasson de Grandsagne, nourri par leurs souvenirs d’enfance et d’adolescence, par la découverte partagée de la littérature et des sciences, ainsi que par leur commun attachement à la Vallée Noire et à la Vallée de la Creuse.
Entre 1820 et 1822, ils sont jeunes et découvrent de nouveaux sentiments. Ils parcourent la campagne à cheval. Stéphane apprend à Aurore le tir au pistolet. Ils sont heureux. Les excursions sont magnifiques. Ils sont amoureux. À leur grand désarroi, leur union est contrariée et le mariage leur est refusé. Atteint de phtisie, Stéphane voit sa santé décliner progressivement ; il s’éteint à l’âge de 43 ans. Sans fortune, il mène, par ailleurs, une vie instable. Pourtant, élève de Georges Cuvier du Muséum national d'histoire naturelle, il est professeur de chimie, côtoyant les sommités littéraires et scientifiques. Il publie de nombreux écrits. C’est Stéphane qui initie Aurore aux sciences naturelles.
Carrière
En 1820, elle se rend avec Stéphane Ajasson de Grandsagne au château de Grandsagne, demeure familiale nichée à Bonnat, dans la Creuse.
C’est probablement à l’automne 1827, année de son entrée au Muséum national d’histoire naturelle, que Stéphane se rend à Crozant en compagnie d’Aurore. Le but de ce voyage est de recueillir des éléments pour ses recherches. George Sand dit à propos de Crozant :
« Tout y est grand, tout y est d’une proportion monumentale. »
L’hiver 1827-1828, Aurore retrouve Stéphane à Paris. Il est probablement le père de Gabrielle Solange Dudevant, née le 3 septembre 1828, à Nohant.
Avant d’écrire, elle dessine et peint à l’aquarelle. Elle décore également des étuis à cigares, de petites boîtes et des coffrets avec des représentations de fleurs, d’oiseaux et d’autres éléments de la nature.
Aurore Dudevant a adopté son célèbre pseudonyme, George Sand, en mai 1832.
En 1836, George Sand publie Simon dans la « Revue des deux Mondes», dans un décor proche de la Creuse, dans la Marche.
En 1840, Eugène Delacroix lui présente Théodore Rousseau.
En 1843, en septembre, George Sand séjourne au village de Gargilesse avec Frédéric Chopin. S’ensuivent alors des excursions dans la Vallée de La Creuse jusqu’au château de Crozant.
En 1844, « Jeanne », roman qui se situe dans la Creuse, est publié sous forme de feuilleton dans le journal « Le Constitutionnel ».
George Sand est indissociable de la Vallée de la Creuse et de Crozant. Lettre de George Sand à Eugène Delacroix (1845).
« Crozant… nous y allons tous les ans… toutes les fois que nous y sommes, nous crions du haut des tours ruinées, votre nom sept fois. »
En 1845, « Le Péché de monsieur Antoine » est publié en feuilleton dans le journal « L’Époque ». Le livre paraît l'année suivante. Le récit évolue entre la Vallée de La Creuse, Crozant, la Sédelle, Fresselines et Gargilesse…
En 1857, George revient à Gargilesse, en compagnie d’Alexandre Manceau, graveur, rencontré en octobre 1849. Il partage sa vie.
À Nohant, le salon de George Sand rayonne comme un centre majeur de la vie artistique du XIXe siècle, réunissant dessin, musique, lecture et art des marionnettes. Elle a fait installer un petit théâtre, ainsi qu’un grand atelier avec une verrière pour son fils Maurice au dernier étage. Elle n'était pas seulement une spectatrice de l'art, elle en était une actrice passionnée. Son rapport à la peinture est indissociable de sa quête de liberté et de sa méthode d'écriture. Pour elle, écrire, c’était peindre avec des mots. George Sand pratique la peinture de manière très originale, « l’aquarelle à l’écrasage ». C’est une technique qu’elle a inventée. Elle l’appelle les « dendrites ». Elle écrase des tâches d’aquarelle ou de gouache entre deux feuilles de papier, ou plaques de verre. Elle retravaille les formes aléatoires, végétales, minérales et fantastiques qui apparaissent pour créer des paysages imaginaires, des grottes ou des forêts magiques. Cette pratique montre sa modernité. Elle anticipe presque le surréalisme en laissant le hasard de la matière guider sa main.
Eugène Delacroix, son ami le plus proche, dont elle admire la fougue et la peinture, réalise le célèbre double portrait de Sand et Chopin. Pour elle, Delacroix représente la lutte de l'âme contre la matière, une thématique qu'elle explore sans cesse dans ses romans.
En s'installant à Gargilesse, elle a littéralement « inventé » le paysage moderne. Elle a ouvert la voie aux peintres, comme Théodore Rousseau ou plus tard Armand Guillaumin. Elle les encourageait à sortir des ateliers pour aller se confronter à la « vérité brute » du rocher et de l'eau.
Ecrivain - Artiste - Amoureuse des arts et de la littérature - Paris - Nohant - Crozant
