Jean Béraud (1849–1935)
Jean Béraud naît à Saint-Pétersbourg en Russie. Il a une sœur jumelle, Mélanie.
Son père, Jean Béraud, sculpteur statuaire, travaille probablement au chantier de la cathédrale Saint-Isaac. Après la mort de son père, en 1853, sa mère, Geneviève Eugénie Jacquin, rentre à Paris avec ses quatre enfants.
En 1935, le 4 octobre, il meurt à Paris. Il est inhumé dans le cimetière de Montmartre.
Formation
Il suit sa scolarité au lycée Bonaparte avant de commencer à étudier le droit à Paris.
Après la guerre de 1870, il entre dans l'atelier de Bonnat, et il restera deux ans. Il n’a pas fait les Beaux-arts, contrairement à son père, Jean Béraud (N° 1138, 1829), qui était un élève du sculpteur Jules Ramey.
Carrière
Il a participé aux salons de 1873, 1871 et 1875.
En 1890, il est l'un des cofondateurs de la Société Nationale des Beaux-arts avec, entre autres, Auguste Rodin, Ernest Meissonier et Pierre Puvis de Chavannes. Il est vice-président.
Dans l’ouvrage « L’école de Crozant » de Christophe Rameix (page 122), Jean Béraud fréquente le groupe des impressionnistes. Il vient à Gargilesse, mais il ne peint qu’un « Quai aux fleurs ».
En 1897, en février, Jean Béraud est témoin de Marcel Proust lors de son duel, à Meudon, avec Jean Lorrain, au sujet d'un article jugé injurieux sur Les Plaisirs et les Jours.
Note sur ledit recueil de poèmes
« Les Plaisirs et les Jours est un recueil de poèmes en prose et de nouvelles publié par Marcel Proust en 1896 chez Calmann-Lévy, avec une préface d'Anatole France. Ce recueil, dont le titre fait écho à Les Travaux et les Jours d’Hésiode, s'inspire fortement du décadentisme et notamment du travail du dandy Robert de Montesquiou. Il s'agit du premier ouvrage de son auteur, qui cherchera à en éviter la réimpression pendant la rédaction de son grand œuvre, à la recherche du temps perdu. »
Dépôt dans les musées
Musée Carnavalet, musée d'Orsay, Metropolitan Museum of Art, musée des Arts Décoratifs de Paris
Décorations
En 1887, le 13 juillet, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.
En 1894, le 3 avril, il est fait Officier de la Légion d’honneur.
https://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/peinture-19e-siecle/jean-beraud-1849-1935.html
Biographie
1849-1935
Fils du sculpteur Jean Béraud (1811-1853) et de Geneviève-Eugénie Jacquin (1814-1889), le peintre Jean Béraud est né à Saint-Pétersbourg le 12 janvier 1849. Son lieu de naissance s’explique par l’activité de son père. Celui-ci participait probablement à la décoration de la cathédrale orthodoxe Saint-Isaac, construite à Saint-Pétersbourg de 1818 à 1858. L’architecte de cette vaste cathédrale est en effet le français Auguste Ricard de Montferrand (1786-1858).
Le sculpteur Jean Béraud meurt prématurément à Saint-Pétersbourg en 1853, à l’âge de quarante-deux ans. Geneviève Jacquin revient alors vivre à Paris avec ses quatre enfants : Adrienne, Estelle, Jean et Mélanie, qui sont jumeaux. Après l’enseignement primaire, Jean Béraud suit des études secondaires au lycée Bonaparte (actuellement lycée Condorcet), puis entame des études de droit dans le but de devenir avocat. Mais le tropisme artistique familial le conduit à s’inscrire à l'École des Beaux-Arts de Paris où il devient l’élève du peintre Léon Bonnat (1833-1922), portraitiste célèbre et professeur apprécié de ses élèves. Jean Béraud expose pour la première fois au Salon officiel en 1872, mais ne connaîtra le succès qu’en 1876 avec Le Retour de l'enterrement.
Béraud devient rapidement un peintre des scènes de la vie parisienne. Il représente surtout les activités de la bourgeoisie aisée, clientèle principale des artistes de l’époque : promenades sur les boulevards, spectacles, cafés et restaurants. Outre les scènes de genre, il réalise de nombreux portraits car il fréquente les salons mondains et trouve ainsi des commanditaires. En 1887, Béraud devient chevalier de la Légion d'honneur. Peintre très apprécié, il reste longtemps ignoré des historiens de l’art, qui s’intéressent surtout aux multiples courants plus ou moins novateurs de la fin du 19e et du début du 20e siècle.
En 1890, Béraud fait pourtant partie des membres fondateurs de la nouvelle Société nationale des Beaux-arts (SNBA), aux côtés des peintres Joseph Messonnier (1864-1943), Puvis de Chavannes (1824-1898), Carolus-Duran (1837-1917) et du sculpteur Auguste Rodin (1840-1917). La SNBA, en rupture avec le Salon officiel, cherche à promouvoir un art indépendant. Béraud est nommé vice-président de la SNBA.
En 1894, Jean Béraud est promu officier de l’ordre de la Légion d'honneur. A partir de la fin du 19e siècle, il consacre moins de temps à sa peinture mais travaille dans de nombreux comités d'expositions, dont celui de la SNBA. En février 1897, Jean Béraud est l’un des témoins de Marcel Proust (1871-1922) lors de son duel, à Meudon, avec l’écrivain et critique Jean Lorrain (1855-1906). Proust venait de publier son premier ouvrage intitulé Les plaisirs et les jours. Lorrain utilise dans sa critique des qualificatifs jugés offensants par Proust : « chochotte », « écrivain précieux ». Au cours du duel, les deux écrivains gardent le sens des réalités et tirent chacun une balle dans le sol.
Béraud ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfants. Il meurt à Paris le 4 octobre 1935 et est inhumé au cimetière Montmartre aux côtés de sa mère.
Œuvre
L’œuvre de Jean Béraud comporte des scènes de genre, des portraits et quelques scènes religieuses. Elle constitue une collection unique d’images de la vie parisienne de la fin du 19e et du début de 20e siècle. Introduit dans la haute bourgeoisie, Béraud fréquente les salons et les spectacles en vogue et les représente avec une certaine ironie. Mais les rues de Paris, les cafés, les attractions tiennent aussi une place importante dans son travail.
Il s’intéresse surtout à la bourgeoisie, qui constitue sa clientèle, mais les gens du peuple apparaissent de temps à autre.
Son incursion dans les scènes religieuses au cours de la décennie 1890 a conduit à des controverses au Salon officiel en raison de la transposition des épisodes bibliques dans la vie contemporaine. Il s’agit tout simplement d’une tentative avortée, comme il en existe tant dans tous les domaines de la création, artistique ou non.
Le style de Béraud n’est pas strictement académique car il peut s’inspirer, avec modération, de la touche des impressionnistes, comme dans ce Dîner aux Ambassadeurs.
Cet artiste indépendant, très apprécié de son vivant, décoré de la légion d’honneur, n’est pas un novateur à une époque où les artistes se piquent d’avant-gardisme (impressionnisme, symbolisme, fauvisme, cubisme et autres tentatives artistiques). La peinture traditionnelle du très talentueux Béraud nous rappelle que le public bourgeois appréciait surtout qu’on représente sur la toile ses activités quotidiennes. La scène de genre urbaine, rejetée cinquante ans auparavant, séduit désormais une bourgeoisie qui perçoit dans la peinture une forme de représentation jugée plus noble que la photographie, devenue courante au début du 20e siècle.

Peintre - Paris - Gargilesse
