Le moulin de la Folie
Adossé à une falaise, le moulin de la Folie est sans doute le motif le plus peint de tout le parcours. Guillaumin, installé à Crozant à partir de 1893, y revient sans cesse — on connaît de lui plusieurs versions du même sujet, dont celle conservée aujourd'hui au musée d'Orsay (vers 1902).
Un pont du XVIIe siècle, à trois piles de granit, relie le moulin à la rive où passe aujourd'hui le Sentier des Peintres. Ce n'est pas un hasard si les impressionnistes s'y sont tant attardés : il suffisait de planter son chevalet face à la passerelle pour trouver, toute faite, une composition idéale pour leur technique — peu de ciel, un arrière-plan resserré, une palette éclatante (Christophe Rameix).
Le moulin lui-même a longtemps vécu de la meunerie : dans la seconde moitié du XIXe siècle, il était exploité par Jean Laberthonnière, avant que la famille Perrot n'en devienne les derniers meuniers. Il est privé et ne se visite pas. Le franchissement de la passerelle est interdit.
La Sédelle
Longue de 37,6 kilomètres, la Sédelle prend sa source près de La Souterraine et rejoint la Creuse ici même, à Crozant, après un parcours en méandres qui traverse tout le nord du département. Mais c'est précisément dans ces derniers kilomètres, entre le pont Charraud et le confluent, que la rivière prend ce visage si particulier qui a séduit les peintres : une eau limpide, semée de gros blocs rocheux, de petites cascades et de moulins.
Ce paysage n'a presque pas changé depuis l'époque des impressionnistes. Le pont Charraud lui-même, en granit, marque la limite de la zone protégée — un vieux pont du XVIIe siècle autour duquel circule encore une légende locale, celle d'un pacte passé avec le diable pour sa construction. C'est dans ces parages que Francis Picabia peint, en 1909, une série de toiles aux contours déjà plus libres, annonçant l'artiste qu'il deviendra bien plus tard.
En aval, les prairies cèdent la place à une forêt de chênes et de châtaigniers, où les rochers affleurent de partout — un décor si minéral qu'on le retrouve, presque à l'identique, sur bon nombre de toiles de l'époque.
Le moulin Bouchardon
Un peu plus haut sur la Sédelle, le moulin Bouchardon est l'un des motifs auxquels Guillaumin est resté le plus fidèle : on lui en connaît des versions peintes en 1891, 1894, 1895, 1898, 1905 et 1913 — plus de vingt ans de retours au même endroit, à des saisons différentes. L'une d'elles, longtemps conservée au musée Pissarro de Pontoise, est aujourd'hui visible au musée de Châteauroux.
L'accès à la Sédelle se fait soit par le parking à côté du pont Charraud, à pied via le sentier qui descend du village, après le camping. Il est même possible d'accéder en voiture aux berges rive droite sur une partie du chemin. L'endroit, très ombragé, est frais et agréable l'été. Attention, les moulins sont privés et ne sont pas visitables.
Les marque-pages
Comme à Fresselines, le long de la Creuse et de la Petite Creuse, le chemin est bordé de marque-pages.
Tout au long du parcours, un mobilier original accompagne le promeneur : depuis 2011, la Communauté de communes du Pays Dunois a aménagé ce sentier d'interprétation, jalonné d'une dizaine de panneaux qui associent, à chaque point de vue marquant, la reproduction d'une toile et le paysage réel qui l'a inspirée.
Ils vous proposent un arrêt original. Un peintre, un lieu, une histoire. Le promeneur est invité à se mettre dans la peau du peintre, écoutant le glouglou de la rivière.
Bonne promenade.
Alexis
Pour prolonger la promenade
Chaque étape de ce parcours a inspiré une ou plusieurs toiles d'Armand Guillaumin, d'Eugène Alluaud, de Picabia et de tant d'autres. Découvrez, motif par motif, les œuvres peintes à chacun de ces emplacements, et comparez-les, en marchant, au paysage d’aujourd’hui. Vous pouvez visiter d'autres lieux, sur les pas des peintres en cliquant sur les liens en bas à gauche.
